(mysanthropie)
Me voici revenu
dans l’enfer des vivants
le ciel de la solitude
pour pécher d’être un homme.
L’odeur de ma raison
me la fait perdre
Elle est nauséabonde:
c’est celle des fils
de la morsure de la pomme.
Je ne veux pardonner
ni jamais oublier
que je suis né.

* * *
(ficelle)
La machine intermittente
De l’âme de tous ses pleurs
Aux morsures de son coeur
Fait des piqûres d’amiante
Lui qui souffre quand la lune
Arrache ses yeux laiteux
Aime en vain mais il ne peut
S’attaquer à cette dune
Il ne reste qu’un regard
Quelques fois deux trois caresses
Pour tendre et tenir la laisse
Que l’amie conçut si tard

* * *
(cierzo)
Souvenir d’Ada

Ici
je connais toutes les odeurs
celles qui m’ont fait croire à la vie
celles qui torturent mon bonheur
celles qui me parlent quand je pleure
Ici
je marche mais n’avance pas
des gens tombés, des roues qui meurent
des preuves du souffle qui rit
Le soir vaincu, mon corps coupé,
traînant dans la ville du vent
j’ai pris congé
du rêve de l’homme
J’ai respiré
un autre arôme.
* * *
(sorgue)
on a basculé
l’heure tardive
les ravages
le départ
et les braises
puis
du voyeur égaré
du plaisir sectaire
de l’ébène ensoleillée
cette odeur qui ne voulait plus me quitter

* * *
(chorale)
Quand le regard d’un chat fait danser mon pays
une broussaille opaque stimule ma folie.
Ce parchemin ne peut bercer que ma pensée
et salue ma raison l’espoir non mérité.
Parfum qui chante de sa voix cassée
quelques notes félines.

* * *
(calomnie)
Ses lèvres comme deux lames
Si elles baisent mon front
Pénètrent dans mon dos
Baisant toute ma raison.

* * *
(presquendrins)
Plaisir apprivoisé trahissant ton maître
vante-toi de détruire ma raison, mon être.
Parchemin précieux pour mes doigts encrés,
sable brun du désert, ma passion ratée.

Oreille maladive des pas qui s’éloignent
Bottes taciturnes, vous parlez bruyamment
Robe cachant la nuit de l’édifice fuyant
Un pas de plus prolonge l’agonie de mon sort
* * *
(disparitions)
Sa couleur a fuit mon rêve
belle peau qui n’a pas duré
elle me tranche le coeur
et pour moi s’est décharnée.

J’ai prédit sa fin
quand elle m’a vu
mes yeux sont morts
J’ai trouvé ma fin
* * *
(rapt)
L’âme a duré mon désir
puni par la lame soudain
de ce mâle jaloux
qui m’allégea la vie.

* * *
(teinte)
Le sentier fulgure, la douleur fleurit
La nuit écrase les fruits en feu
Pourtant, j’ai cru à son regard
J’ai cru à ses mains
et à sa peau
Ma figure calcinée
face à l’issue du trésor
et la pénurie de mon désir
gâche la couleur du beau parcours.
* * *
(frustration)
Un coin de bouche
coule dans la joie quand
l’oeil brûlé, insatisfait,
torture
la cadence imaginaire des lèvres.
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Nouveau poème :
Arte y Pico 06/02/2008 - Créé par