
Tout nus dans la vallée des rires et des hontes
Creusée par le torrent de cette vie ridée,
Nous croyons au miroir brisé des yeux des autres
Et trahissons la peur de nous savoir blessés.
Le ballon du bonheur ne peut tout transporter
Pour vaincre les nuées il doit perdre du lest
Ainsi l’heureux qui fait du rêve un dernier geste
Fait deuil de toute joie qui ne peut pas durer.
Fonçant désespérés après de vagues proies,
Survolant l’aliment qui pousse sous nos pieds
Et n’ayant pas le temps d’aprêter notre feu,
Nous mangeons froid le fruit d’une course effrénée.
Trinquons dans le déluge, aimons dans le désert,
Accueillons le printemps de l’âme, aussi l’hiver !
De l’agonie du faux allons nous démunir,
A chaque instant choisir entre vivre ou mourir.
Mars 2011, monastère de N.D. du Chant d’Oiseau , Bruxelles

Arte y Pico 06/02/2008 - Créé par