On a parfois tenu à me remémorer que ce n’est pas moi
qui a fini par coucher avec elles.
Même si j’aurais voulu les aimer.
Même si j’en étais déjà aux pourparlers.
Pourquoi cette volonté de me vexer?
Je rappelle que ce faux-amour
n’a jamais fait d’un possesseur de biroute
un homme.
Après, il faut toujours s’expliquer.
Que veux-tu de moi, enfin?
Qu’est-ce qu’il s’ensuit, maintenant?
Les rails qu’on a construit
ce soir, vont-ils nous entraîner dans la même direction
ou bien vont-ils bifurquer?
On aura aussi, ce fut un plaisir,
peut-être à demain.
Suivi de quelques prises de tête et des insomnies.
Ah, mais moi
je dors tranquille.
Peut-être ai-je tort. Mais après quelque réflexion
j’ai décidé de payer.
Je paye. Oui.
Je paye parce que les préliminaires sont épuisants
et souvent creux.
Je paye pour ne pas devoir inventer d’explications.
Je paye parce que ça me donne une raison d’appeler
l’argent de l’ordure.
Je paye parce que ça l’aide à vivre.
Je paye parce que dans chaque homme habite une bête féroce
qu’il est préférable de mener en laisse
plutôt que de se laisser mordre par elle.
Finalement,
je paye pour me débarrasser de ce qui m’empêcherait
d’aimer d’une façon honnête.
Je ne sais que trop bien qu’on ne va pas,
qu’on ne voudra pas me comprendre.
Mais à partir de maintenant tu sauras,
quand je regarde dans tes yeux à toi qui m’ont pillé la cervelle,
quand je parle et que ces sillabes s’amassent en rafale,
quand je veux rester près de toi, même si tu t’en ris,
quand j’esquisse un mouvement doux et que tu te dérobes,
que c’est parce-que je t’aime de toutes me veines,
et crois-moi,
ce qui se trouve sous mes lombes a un rôle insignifiant
dans toute cette histoire.

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Arte y Pico 06/02/2008 - Créé par